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    La vie autrefois : la maison

          Les maisons de Mollières ont toutes été édifiées en granit, qui est la pierre quasi exclusive du secteur. On observera que les pierres employées sont d’assez gros format, et que les murs sont tous parfaitement droits et les angles remarquablement travaillés en arête vive.

          Pour monter les pierres, on a utilisé un mortier de chaux extrêmement résistant. Cette chaux a quasiment jusqu’à la fin été fabriquée sur place, à partir de la pierre extraite du rocher au lieu-dit Chastellar, sur la rive droite du torrent à environ 700 mètres en amont du village : on faisait cuire la chaux juste au-delà du torrent sur la rive gauche pour être plus à la portée du bois. Il existe toujours les traces de ce four, sur le bord droit de la route, cinquante mètres environ avant d’arriver au pont du village. Cette pierre, si elle était convenablement cuite, donnait une chaux de bonne qualité. Cela pour les constructions faites jusqu’à la fin du XIXè siècle. Ensuite, ce four a été délaissé d’abord par manque d’entente entre Molliérois, ensuite parce que le ciment a pris le devant, mais on n’a construit qu’une seule maison au XXè siècle.

          Les toitures ont toujours été en planches de mélèzes, que l’on sciait à la main, toujours dans le cœur de l’arbre, stockées plusieurs années et elles pouvaient durer au moins un siècle, 150 ans avec quelques retouches. La charpente pouvait avoir une durée de plusieurs générations. La toiture en paille de seigle n’a jamais été utilisée, même pour les granges de la campagne, tandis qu’il en existait à la Liouma (quartier plus en aval du village), pour les propriétés des Mario et Puons (les « Lioumans »).

          L’intérieur était presque tout en bois : outre les portes et fenêtres, les poutres, les planchers et dans les plupart des cas, même les cloisons. Seul le sol du rez-de-chaussée des maisons les plus anciennes était en dalles à surface naturellement lisse, de production locale.

          Quelques unes de ces très anciennes constructions étaient encore debout en 1944, quand le village a été incendié par les Allemands. La disposition du rez-de-chaussée des maisons les plus anciennes était la suivante :

- Porte d’entrée du côté sud tout à fait à droite.
- Un couloir formé par une cloison en planches avec des crocs en bois pour y suspendre les habits destinés à protéger de la pluie et du gros froid. Cette cloison était de toute évidence destinée à protéger la pièce principale du courant d’air, à laquelle on accédait tantôt par une porte intérieure, tantôt directement.
- Au milieu de la pièce, à côté de l’entrée il y avait l’âtre ou foyer surmonté d’une grande « cape » (hotte) ; de chaque côté de l’âtre, à la hauteur du bras d’une personne, une mince dalle carrée ou arrondie était encastrée dans le mur : c’était le « lumenier » sur lequel on faisait brûler de menus morceaux de bois gras qui faisaient l’éclairage. De chaque côté de l’âtre, une fenêtre de petite dimension. La plus grande partie du rez-de-chaussée était occupée par la pièce principale ; c’était à la fois cuisine, salle à manger et séjour.
- Sur l’arrière, il y avait selon l’espace disponible une ou deux toutes petites pièces dans lesquelles couchaient les membres âgés de la famille. Cette pièce n’avait pas d’ouverture extérieure : de ce fait, elle ne recevait qu’une très faible lumière de la pièce principale et encore, pendant la journée et par temps clair.
- Un escalier interne en bois donnait accès à l’étage où couchait le reste de la famille.

          Chaque famille ou groupe de familles avait son four à pain. Avant l’incendie, l’on pouvait encore en dénombrer une dizaine intacts ou en ruines et quatre au hameau de la Liouma, tous intacts.

          Il semble que les granges aient été toutes en périphérie. A une époque plus récente, notamment au XIXè siècle, on a construit des maisons dont le rez-de-chaussée était l’écurie, le premier étage l’habitation, le deuxième étage le grenier, ce qui, malheureusement a facilité l’œuvre de destruction par le feu des Allemands.

          Apportons une précision sur la finition extérieure des murs. On a connu à notre époque une mode forcenée du mur en pierre à tout prix et à toutes les sauces, bref une mode « rustique ». Le Parc du Mercantour s’évertue d’ailleurs aujourd’hui à imposer à toute nouvelle construction une finition en pierre brute. Or, à Mollières, seules les granges et les premières maisons, le long du chemin menant au cimetière, étaient en pierre brute sans enduit. Mais par la suite, toutes les autres constructions étaient recouvertes d’enduits à la chaux et égayées d’un badigeon coloré dans des tons très vifs (rose, ocre, bleu vif, ou blanc – pour l’église), portant même le plus souvent des motifs décoratifs tels : rosaces, pierres d’angle en trompe-l’œil, etc, rejoignant ainsi le vaste mouvement d’enduits colorés dans l’ensemble des villages alpins au XVIIIè et plus encore au XIXè siècle. Si l’on observe bien les maisons enduites de Mollières, on constatera que seul l’étage – ou les étages – habité était coloré et orné. Le niveau des granges était, lui, grossièrement recouvert d’un crépi naturel simplement destiné à protéger les murs. Se reporter à nos galeries de photos qui présentent de nombreuses vues de maisons et de façades.



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